Nous sommes le 8 mars 2009 et je me souviens encore, il y a un an...
L'année dernière, ce même jour, c'était un samedi. Il était 14h30 et je l'ai vu pour la première fois depuis 3 ans. C'est même un peu plus tard dans la journée que je l'ai regardé dans les yeux pour la première fois de ma vie.
J'étais impatiente. très exitée . Un peu anxieuse, mais vraiment un petit peu. Ca faisait des semaines qu'on se parlait, assez longtemps pour que je ne doute pas de son sincère interet pour moi, alors quelque part , je ne doutais pas non plus que notre histoire était susceptible d'être concrétisée, petêtre durant cette fameuse journée. Cela dit je n'en savais rien...
C'était vraiment le flirt parfait.
Je reviens brièvement sur le commencement du commencement. Moi j'étais une petite gamine discrète et un peu dans sa bulle, et surtout timide, réservée. franchement , les garçons c'été pas ce qui m'interessait le plus. Moi ce que j'aimais, c'été le rock. J'adorais les petits groupes comme Offspring ou Nirvana, parce que je trouvais kurt Cobain fascinant et je rêvais de savoir jouer de la guitare électrique...Mes copines c'était pas trop leur truc alors j'étais toute contente quand j'ai rencontré, via messenger, un garçon qui aimais bien le rock lui aussi. Il était dans mon collège, une classe au dessus de moi. On se parlait tout le temps, on flirtait un peu, on passait des nuits entières à se raconter des trucs de collégiens et à s'envoyer des emoticons en forme de coeur ou de petite rose, c'était si mignon. On étais timide tout les deux, on a jamais décidé de passer un moment ensemble en dehors du collège. Seulement lui, il l'était moins que moi. Ou alors, il m'aimait déjà assez que pour me demander de " sortir avec lui ". Fiou. Moi c'était le contraire. J'étais encore plus réservée que je ne l'aimais. Ca a tout gâché. Il vivait déjà avec sa mère, qui avait pour habitude de déménager souvent. Moi je ne le savais pas, et du jour au lendemain il m'a dit qu'il partait, qu'il déménageait à la campagne, qu'il changeait de collège. C'était fini.
Puis un jour, plusieurs années plus tard, je me suis dit que cette fois, il était temps que je fasse des choses que j'avais envie de faire, des choses qui me rendraient heureuse. J'ai pensé à une époque ou j'avais été heureuse...Comment avais-je pu m'embarquer dans une histoire interminable avec un tyran sadique et dépressif , alors que j'avais été capable de gâcher une histoire éventuellement merveilleuse avec un garçon, tout ce qu'il y a de plus gentil et attentionné.
Sans plus d'espoir dans l'âme, je me jetais à l'eau. Au moins pour prendre des nouvelles, pour en donner, petêtre pour reprendre contact...C'était le 14 janvier 2008.
Ca a duré un mois et 3 semaines. Oui, c'était le flirt parfait. C'est allé tout doucement. Au début on ne se parlait que de temps en temps, pour se raconter quelques petites choses. Quelques " tu m'as manqués...". Puis de plus en plus, on se donnais rendez-vous pour se parler, et étions déçus quand ce n'était pas possible. Il y a eu les premiers sms. Les premiers " tu me manques " ou " je pense à toi..."On passait notre temps a se remémorer le passé, notre amourette d'enfants. C'était petêtre de la drague, mais je pense qu'il m'aimait déjà, et moi aussi. C'était une drague lente et douce, respectueuse, on se parlait avec délicatesse, comme à quelqu'un de vraiment précieux. On se redécouvrais plus qu'on ne se découvrais, c'était génial. On faisais ce qu'on avais probablement envie de faire il y a longtemps, ce qu'on avais pas eu le courage de faire. On s'envoyais des photos, on s'admirais l'un l'autre. Il y a eu les premiers signes de jalousie, les premiers projets, puis les discussions sérieuses. Il avais peur, peur de retomber amoureux de moi. Moi pas, j'étais prête à tout. Je savais que je l'aimais déjà et me fichais bien de savoir comment ça allait se passer si on sortait ensemble, je l'aimais, et voulais juste qu'il me prenne dans ses bras musclés, qu'il m'embrasse au moins une fois. Lui il se prenais la tête avec des histoires de distances, déjà. Ce qu'il ne savais pas, c'est que les sacrifices qu'il fera plus tard pour pouvoir prolonger notre relation, il les fera naturellement, sans se poser la moindre question. Il allait tomber amoureux de moi en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et c'est tout ce qui sera important pour lui à partir de là.
Enfin, ce fut le8 Mars 2008. Je m'étais levée de bonne heure et avais passé quelques 120 minutes à me préparer dans la salle de bain. J'avais réfléchi longtemps la veille à ce que j'allais porter, mais le lendemain j'étais encore hésitante. Je me suis faite sobre, j'avais un jean et un t-shirt noir, je m'étais coiffée comme à mon habitude, mais m'était maquillée avec beaucoup de précision et de soin. L'heure m'avait échappée, j'étais en retard et devais partir tout de suite. Je me regarde une dernière fois dans la glace, souffle légèrement et sors de chez moi, direction le métro. L'heure avançait et je craignais le pire, qu'il s'en aille sans m'attendre ou quelque chose de tragique...
Je sors à République Beaux Arts, prend mon téléphone et m'empresse de l'appeler. J'entendais sa douce voix qui me paraissait encore hésitante...il m'attendais dans l'entrée du cinéma.
Je respire un bon coup et pousse la grande porte en verre. Il était là, debout devant moi. Ca faisait 3 ans, et il était beau comme un Demi-Dieu, j'aurais tué pour qu'il pense la même chose de moi. Il était grand et avais l'air d'être le mec le plus décontracté du monde, avec ses vêtements larges qui sentaient la douceur. Ses cheveux étaient géniaux, longs et un peu bouclés, je voulais tout de suite y enrouler mes doigts délicatement ou souffler dans son cou pour les voir onduler. Je n'ai pas osé le regarder dans les yeux, j'étais tellement intimidée, j'avais l'impression d'avoir 12 ans, vraiment.
On a décidé de ne pas aller au cinéma, mais de se promener en ville. Peu importe qu'on ne fichais absolument rien d'interessant. Chaque minute était la plus exitante de ma vie, chaque phrase était importante, j'étais attentive au moindre de ses mots et de ses gestes. Chaque effleurement de sa main sur mon bras ou ma cuisse me faisait frissonner. J'étais pendue à ses lèvres, je riais le plus sincèrement du monde à chacune de ses plaisanteries, son humour était d'un naturel flagrant et me charmait totalement. J'étais sur que je l'aimais, la question ne se posait même pas. Je le trouvais magnifique, j'étais incapable de me situer la moindre méchanceté chez lui, sa douceur m'enhivrait et j'aurais tout donné pour qu'il me serre trés fort contre lui. Je voulais qu'il me protège, qu'il prenne soin de moi, être sa princesse, et que ce soit lui mon prince. Tout s'était arrêté autour de moi, je n'avais plus aucune vie, je n'avais que mon corp pour supporter cette sensation, cet amour évident, n'avais plus d'yeux que pour ce garçon, celui-là.
On étais plus ou moins dans l'intimité. En fait non, il y avait quelques personnes prés de nous dans le hall exterieur de l'ugc. Ca me gênait un petit peu, j'aurais voulu qu'on soit vraiment seuls. Mais peu importais, c'était lui le plus proche de moi à cet instant. Il était adossé au mur de béton, le bassin légèrement en avant, toujours cette même allure décontractée. Et moi je me dandinais devant lui, je sautillais, tournais un peu sur moi même en jouant avec mes cheveux et en lui affichant mon sourire le plus beau et mon regard le plus candide, le temps de finir la malboro 100's qu'il m'avait offerte. Quelque chose dans sa posture, son regard, me disais qu'il était temps d'arrêter mes pitreries, qu'il m'appelait a m'approcher de lui sans plus attendre. Il saisit les petits pompoms de mon écharpe pour m'attirer vers lui, me pris dans ses bras et me murmura quelque chose à l'oreille...mon visage se leva machinalement vers le sien et je senti ses lèvres douces et tièdes se poser sur les miennes...du haut de mes quinze 8mars, il me donna le plus beau baiser de toute ma vie. Il me serra de plus en plus contre lui, m'embrassa de plus en plus passionnément. Quant il relâcha son étreinte, ses mains se son promenées doucement dans mon dos, sur mon ventre, et les miennes sur le sien et dans son cou...j'enroulais enfin mes doigts dans ses boucles dorées... J'étais heureuse.
Il se faisait tard, mon prince du courir jusqu'a la gare. Je priais pour qu'il rate son train et soit contraint de rester chez moi le soir. Il me manquais avant même de m'avoir déposé un dernier baisé éclair, et de s'être éclipsé en courant... J'étais amoureuse.